Lundi 14 juillet 2008
11 juillet 2008, Soirée d'ouverture des 25èmes Francofolies de La Rochelle. Troisième édition en ce qui me concerne.

En quittant l'Ile de France, le temps maussade faisait craindre le pire. En arrivant en Charentes, heureusement, un temps clément. 25°C en bord de mer, c'était quasiment inespéré. La pluie ayant patienté jusque tard dans la nuit, la seule chose qu'on pouvait déplorer était le froid en cours de soirée. A 22 heures, une fois le soleil couché, la polaire était de rigueur... et limite suffisante.

Programme de la soirée : Jeff, BB Brunes, Alain Bashung, Dionysos et Cali. Que je m'en vais conter maintenant.

Jeff est un jeune chanteur qui est issu du chantier des Francos. Une guitare électrique et une batterie sur scène. Dans le style, on se rapproche d'un Gérald De Palmas. Je ne rejette pas le sieur, mais il ne m'a, pour les 30 mn que j'ai entendues, pas convaincu. Il débute, et on peut espérer qu'il progressera.
J'avoue que je n'attendais pas beaucoup de BB Brunes : j'avais déjà eu l'occasion d'écouter leur album... Je n'ai, ainsi, pas été déçu : Une heure et quart avec le même riff de guitare et la même rythmique, c'est long. En plus, ils ont eu le mauvais gout de massacrer leur reprise des Arctic Monkeys (I bet that you look good on the dance floor).

Et dire que ceux que nous jouxtions en font le nouveau "Téléphone". A quand les promos sur les oreilles ? :-)

Tout le monde était enfin arrivé, le vrai concert pouvait commencer. Alain Bashung est monté sur scène au coucher du soleil.
De Bashung, je ne savais à quoi m'attendre. J'ai entendu beaucoup de bien de son dernier album mais je ne l'ai pas encore écouté. Et il y a les titres que tout le monde connaît (Vertige de l'amour, Osez Joséphine ou Madame Rêve).
C'est finalement un monstre de charisme qui a été accueilli par une ovation unanime. Un concert simple, presque minimaliste, mélant les chansons du nouvel album à celles plus anciennes citées plus haut. De quoi contenter un public varié.
Une voix intacte, une sobriété classieuse, une présence imposante et modeste, Bashung inspire le respect.

Quatrième programmation de la soirée Dionysos. Ca fait un petit moment que je voulais les voir sur une scène mais j'avoue qu'ils me faisaient un peu peur. Ce que j'en ai vu me donne envie de recommencer. Pas de photos de l'ensemble : Ce n'est pas pour entretenir le mystère, mais j'ai été trahi par la technique... et la bougeotte incessante du public avoisinant.

Petite vidéo néanmoins :



Pour faire court, ce concert était vivant, excessivement vivant. Ce qui m'a le plus étonné est la musicalité du concert, qui ressort mal sur les enregistrements live. Je m'attendais à voir Bashung déclamer quelque texte de "La Mécanique du Coeur" : il n'en a rien été. Par contre, nous avons vu Cali se mêler à la complainte de Mister Chat. Olivia Ruiz a, quant à elle, tenu son rôle de Miss Acacia.

Au tour de Cali, largement desservi par un ingénieur son qui a dû s'hydrater à la bière. Le son était bon, voire très bon avec Bashung, il s'est notoirement dégradé avec Dionysos. Il était carrément pourri avec Cali.

Si j'ai précédemment eu des mots sur la performance scénique de Cali, force est de reconnaître que ce concert l'a fait remonter dans mon estime. Un concert programmé "festival", qui ne contenait pas tous les excès de celui de Bruxelles.
Comme on pouvait s'y attendre, Mathias Malzieu (co-réalisateur de "L'espoir") et Olivia Ruiz (qui a prêté sa voix sur un titre) l'ont accompagné sur scène pour un moment festif.
Musicalement, nous sommes restés dans le même contexte que le concert précédent, avec les mêmes regrets sur Aude Massat et Julien Lebart. Richard Kolinka, moins omniprésent, devait suffire à démontrer à nos "jouxtants" que BB Brunes n'arrivera jamais au talon (sans parler de la cheville) de Téléphone.
Je vous épargne la petite virée dans le public de Cali, qui semblait vouloir concurrencer Mathias Malzieu.Fin du concert : 02 h 45 (Cette bonne soirée a commencé à 19 h).

Une petite pensée pour les voisins de l'esplanade Saint Jean d'Acre qui subissent pendant 5 jours, les concerts jusqu'à pas d'heure, et sont réveillés au petit matin, par les balances du lendemain.

par Sly publié dans : Arts et Littérature
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Dimanche 15 juin 2008
Derrière ce titre peuvent émerger deux interprétations.

Mais avant toute chose, il est, je pense, nécessaire de préciser une notion : la démocratie. Si on reprend son origine étymologique, la démocratie consiste au gouvernement par le peuple (citons wikipédia : "la démocratie (du grec ancien δημοκρατία dēmokratía, « souveraineté du peuple », de δῆμος dêmos, « peuple » et κράτος krátos, « pouvoir », « souveraineté ») est le gouvernement de tous (limités aux citoyens)").

J'oppose à cette notion celle de dictature décrite dans le titre.

Jeudi 12 juin, les irlandais étaient appelés à s'exprimer par voie référendaire sur le Traité de Lisbonne (traité simplifié basé sur le Traité Constutionnel de 2005 rejeté par la France et les Pays Bas). Le vendredi 13 (on ne sait jamais s'il porte bonheur ou malheur), les résultats penchent en faveur du non... et donc du rejet du texte.

Il n'est pas question, dans ce billet, de formuler un quelconque avis sur les qualités ou défauts de ce texte, ni même sur l'opportunité de voter pour ou contre. Je laisse à chacun le choix de ses opinions et respecte, quoi qu'il en soit, le secret de l'isoloir.

Revenons à l'ambivalence de mes propos

On peut dire que le "Non" irlandais est le reflet d'une forme de dictature dans la mesure où quatre millions d'électeurs entravent l'avenir de cent fois plus (500 millions d'habitants en Europe). Les Irlandais deviennent, par leur vote, les oligarques de l'Europe. Or, qui dit oligarques dit privilèges, ceux dont ils ont bénéficié pour ratifier le Traité de Rome, ou ceux qu'ils obtiendront pour accepter de ratifier le Traité de Lisbonne.

Mais mon propos va aussi (et surtout) dans le sens que le rejet du Traité de Lisbonne est aussi un moyen de lutter contre la dictature européenne.

Revenons quelques années en arrière. Je ne parlerai pas du Traité de Maastricht, ratifié (de justesse) par voie référendaire. Je ne m'attarderai pas sur le Traité de Nice (ratifié par voie parlementaire et en vigueur depuis 2004). Je m'intéresserai juste au Traité Constitutionnel de 2005, rejeté par referendum en France et aux Pays Bas.

Ce rejet des referenda français et hollandais avait eu pour conséquence d'annuler les procédures de ratifications des pays restants, et l'on peut penser que d'autres pays, dont l'Irlande et la Grande Bretagne, auraient voté dans le même sens.

L'élaboration du Traité de Lisbonne (Traité Simplifié) consistait en une réécriture du Traité Constitutionnel, afin d'en retirer la lisibilité. Il était entendu, entre les dirigeants européens, d'éviter, autant que faire se peut, le risque du rejet auquel expose la ratification référendaire.

On peut déjà trouver choquant le fait qu'une décision issue d'une démocratie directe (référendum sur le Traité Constitutionnel) puisse être contournée par une démocratie que j'appelerai indirecte (on ne peut pas parler de démocratie représentative, le Parlement Français ne représentant pas la diversité politique du fait de son mode d'élection).

Pour autant, en Allemagne, aux Pays-Bas, ou en France, la ratification s'est faite par voie parlementaire. Si on peut admettre qu'on ne peut pas gouverner avec les sondages, il apparaît toutefois que les peuples de ces pays étaient majoritairement opposés à la ratification de ce Traité "simplifié". Cette divergence de choix entre les dirigeants et ceux qui les ont élus n'est d'ailleurs même pas remise en cause par ces dirigeants.

La Constitution Irlandaise ne permet pas le subterfuge parlementaire. La destinée du pays au sein de l'Europe est maîtrisée par les seuls électeurs consultés directement. Un modèle de démocratie.

Et il est tout à fait choquant que le résultat d'un referendum, la forme la plus absolue de démocratie directe, soit critiquée par les gouvernants européens. Il est encore plus aberrant que ce choix soit remis en question par le Ministre Français des Affaires Européennes, M. Jean Pierre JOUYET, représentant éminent de l'élite française, qui n'a jamais porté sa candidature à un quelconque mandat devant les électeurs.

Non, les Irlandais n'ont pas fait une erreur, ils ont fait un choix. Ils ont fait un choix incontestable parce que démocratique. Leur choix est, jusques ores, le seul en Europe qui ne peut être contesté. Même s'il n'est fait que par 4 millions de personnes, et même si ces quatre millions entravent l'avenir des 496 autres miliions.

On peut chercher toutes les raisons possibles à ce rejet irlandais. Les journalistes, au moins les français, devisent sur le sujet depuis deux jours. Aucun des dirigeants européens ne s'est pourtant posé la question du bien fondé de ce Traité.

Valéry Giscard d'Estaing, Européen s'il en est, a dit : "Vous savez la différence entre un train et un polytechnicien ? Le train, quand il déraille, il s'arrête. " On peut remplacer le mot polytechnicien par politique.

Soit le traité est bon, et les peuples européens sont en mesure de le valider directement par voie référendaire. Soit il n'est pas bon, et il doit être abandonné.

La construction européenne est certes cahotique, mais ne doit-elle pas, pour autant, refléter la volonté des peuples qui constituent l'Europe ?
par Sly publié dans : Histoire et Société
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Vendredi 13 juin 2008
Transports en commun obligent, j'ai repris mon baladeur MP3 pour atténuer les désagréments du train. Ce retour à l'Archos a rappelé à mon souvenir une autre voix du jazz. Et il aurait été injuste de parler de Melody Gardot ou Robin McKelle sans parler de Lizz Wright.

A peine 30 ans, cette jeune chanteuse américaine (géorgienne) a initié ses talents avec le gospel dans l'église où officiait son père. Elle découvre progressivement le jazz et le blues et perfectionne sa technique vocale dans les chorales.
Après quelques collaborations avec des instrumentistes (pianistes, sax), Elle sort un premier album en 2003: "Salt".
Cet album mêle des reprises assez diverses à des compositions personnelles dans une tonalité country jazz and blues, sans renier ses origines vocales du gospel (walk with me). Elle y pose une voix grave et suave.

Son second album,"Dreaming wide awake", sort en 2005. Réalisé par Graig Street, il laisse une plus grande place au jazz, sans renier les composantes blues et country.. La recette est quelque peu différente, avec une plus grande part de reprises allant de Neil Young (Old Man) à, excusez du peu, Diana Krall (Narrow Daylight). Elle ne délaisse pas pour autant la plume et participe aux arrangements d'un titre et à l'écriture de deux autres titres (dont la chanson titre de l'album).

La caresse lente de sa voix suave est toujours présente, exacerbée par les mélodies nostalgiques de l'album.

"The Orchard" est donc son troisième album, sortie en février 2008. J'avoue que je guettais cette sortie avec une certaine impatience, qui n'a pas été déçue.

Peut on parler d'un retour à l'équilibre jazz, country et blues ? Peut-être après tout.

En fait, cet album redonne une place importante aux compositions de l'artiste, complétées par quelques reprises (Led Zep et Ike Turner). Du coup, la tonalité de l'album s'ouvre à la chanson de campagne (country), pour presque devenir populaire (folk).

Plus qu'une interprète talentueuse, il faut donc voir en Lizz Wright un auteur compositeur interprète qui a su se créer un univers musical personnel. L'originalité de ce paysage musical lui permet de faire siens les morceaux qu'elle reprend à son compte en leur applicant ses couleurs.

Non, le jazz vocal n'est pas mort. Et c'est grâce à de telles artistes qu'il évolue.

Un extrait Live :
Un petit passage sur Youtube permettra d'approfondir : beaucoup de morceaux live sont disponibles, mais pas forcément linkables.

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par Sly publié dans : Arts et Littérature
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Samedi 24 mai 2008
Je parlais, en introduction de l'article consacré à Melody Gardot, de la difficulté à trouver de nouvelles voix du jazz, et du peu d'originalité des nouveaux arrivants.

Ce constat, qui peut passer pour inquiétant, ne nie pas pour autant l'émergence de nouvelles voix. Certaines ont déjà une carrière étendue, d'autres peuvent l'espérer.

Robin McKelle fait partie de ces nouvelles voix. Son premier album est sorti en octobre 2006, et s'appelait 'Introducing'.

Cette jeune New Yorkaise a quelques années de musique derrière elle. Pianiste de formation, elle a suivi quelques formations de jazz, puis s'est aperçue que ce qu'elle voulait était d'être au devant de la scène. Elle monte donc un tri jazz et commence à tourner, et atteint la troisième place du concours de l'académie Thelenius Monk en 2004.

Ce premier album est travaillé sur des songbooks vieux de plus de 70 ans et s'inspire des jazz bands des années 1940.

En 2008, Robin McKelle sort son deuxième album : Antique.

Elle y confirme ses talents de performeuse, aidée par un timbre sûr et puissant. Ce timbre lui permet d'assumer, sans rougir, d'être accompagnée par un big band jazz, sa voix n'étant pas couvert par les cuivres.

On retrouve dans cet albums des standards, réinterprétés à la Robin. Ainsi, le "Cheek to Cheek" interprété par Sinatra est amélioré par Robin McKelle avec une mélodie plus complexe tout en conservant le swing de Frankie. Dans un style différent, "Comes Love" est remanié à la sauce Salsa Big Band.

Mais Robin McKelle sait aussi moduler son intensité pour défendre des chansons nostalgiques avec une certaine émotion. Et si le timbre puissant sied à merveille aux big bands, sa voix très légèrement rocailleuse sait se faire caressante.

Si sa voix laisse filtrer des accents de Barbara Streisand (en moins stressante), elle se sublime dans les accents soul, swing et crooning des grands classique du jazz orchestre.

Un échantillon

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par Sly publié dans : Arts et Littérature
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Jeudi 22 mai 2008
Le week end arrive bientôt, et le résumé de ma dernière visite chez un disquaire touche à sa fin. Aujourd'hui, nous continuons dans le chapitre nouvelle scène française, avec Loane.

Je n'ai pas passé beaucoup de temps à la borne d'écoute avant d'acheter ce disque. Parler de coup de foudre serait exagéré, mais le peu que j'ai entendu, rapidement, m'a suffisamment intéressé pour approfondir le sujet... jusqu'à en parler ici.

Le premier album de Loane s'appelle "Jamais Seule", de même que le premier single.

Que dire de cette jeune femme ? Elle a l'air plutôt mignonne, mais ca ne fait pas tout. Elle a une formation musicale et a fait quelques années de conservatoire. Elle écrit la musique depuis de nombreuses années, et son nom est déjà au générique d'un film comme compositrice.
Peu d'autre info concernant le passé de Loane.

Passons à son album : J'avoue avoir eu du mal à trouver un point de repère pour expliquer ce que fait Loane. J'ai donc soumis l'idée à mon camarade de concert (cf le site des phares dans les liens) et ses propositions sont assez justes... mais ne parleront pas à tout le monde.

Je les reprendrai donc : Loane fait un truc qui ressemble à la fois à ce que font Jil Caplan et Lisa Barrel. En d'autres termes, ce sont de gentilles ballades, parfois naïves, écrites d'une main féminine. Le qualificatif de songwriter pourrait lui coller. Toutefois, les arrangements de l'album donnent un aspect plus pop aux chansons, et la composition au piano retire le côté folk qui accompagne souvent les songwriters. C'est notamment la raison pour laquelle j'ai eu du mal à trouver un qualificatif pour définir ce que fait Loane.

Le produit fini est donc un album soigné, dont les arrangements complètent, voire supplantent les mélodies simples de Loane. La voix est puissante mais posée. Le timbre n'est pas cristallin, mais cette touche endormie colle plutôt bien aux chansons.

Les versions démo présentent dans la rubrique Vidéo sur son site sont réalisées en piano voix. On notera un détail important : le piano est un Bosendorfer. Ces versions démos sont plutôt séduisantes. On peut se demander si c'est la version choisie pour la scène. Si c'est le cas, je suis volontaire pour un concert.

Le clip du single (Jamais Seule)  :


Et comme d'habitude :

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Mercredi 21 mai 2008
On continue dans les suites de mon expédition au Virgin Megastore de Rennes.

Le CD du jour est celui de Nicolas Jules et s'intitule "Powète". Apparemment, il s'agit de son troisième album... mais le nom m'était inconnu.

En fait, en faisant quelques recherches, je m'aperçois que j'avais fait sa connaissance avec le second, son live à l'atelier.... et il ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable... La preuve.

Le seul souvenir qu'il m'avait laissé était sa pochette, qui avait piqué ma curiosité, mais musicalement, j'étais passé à côté... Je ne vais donc pas parler de ce second album... qui mérite peut être une seconde écoute, de même que le premier mériterait peut-être une première.

Pour information, néanmoins, les deux titres des albums : le premier s'appelait "Le coeur sur la table". Le second "Live à l'atelier".

Le sujet qui nous préoccupe est donc le troisième album de Nicolas Jules : Powète

La première écoute de cette album est assez charmante. Nicolas Jules traite de thèmes musicaux assez variés qui vont de la chanson de Delerm, au rock tendance sixties. Ce qui est souvent le défaut des chanteurs débutants (qui n'ont pas encore défini leur style musical) est ici un point important qui rend l'album plus varié. Cette première écoute ne s'intéresse pas aux textes et c'est la deuxième écoute qui révèle le talent de ce jeune auteur compositeur.

En effet, en plus de musiques mnémoniques, les textes sont brillants, élégamment soulignés par les musiques qui les accompagnent. La variété des chansons de cet album m'empêche d'en faire un simple résumé.

Néanmoins, Si on devait en définir le style, on pourrait mélanger un peu de Vincent Delerm pour le namedropping et certaines chansons mélancoliques, à une dose des Blaireaux pour l'humour pince-sans-rire précisément dosé.
La réalisation de l'album est plutôt soignée, avec des arrangements pertinents qui collent aux mélodies. Pas de performance musicale de la part des musiciens : un album simple mais musical.

Pour se faire un avis, un extrait du précédent album (je crois) :


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Mardi 20 mai 2008
J'ai commencé à parler d'Agnès Bihl récemment. Un peu , je l'avoue, en prévision du concert auquel je devais assister le 16 mai. Au programme Agnès Bihl et MeLL. Mais l'ordre dans lequel ce devait se dérouler restait assez flou.

Finalement, c'était dans cet ordre. Agnès Bihl puis MeLL. Pour autant, on ne peut pas parler de première partie dans la mesure où la prestation de la première a duré 1 h 30 environ.

Je ne m'étendrai sur cette prestation. Pour être direct, je l'ai trouvée moyenne. Peut-être attendais-je trop, mais il m'a semblé qu'Agnès Bihl avait quelques difficultés à occuper une scène qui n'était pourtant pas très large. La faute à qui, la faute à quoi ? Vraisemblablement un manque de métier et peut-être de charisme... Même si la personne est tout à fait charmante. L'école Aznavour dans toute sa splendeur... Mais n'est pas Aznavour qui veut.

On peut se poser la question aussi de l'influence du public. Celui-ci était familial et peut-être plus curieux que connaisseur. De plus, alors que la salle contient au bas mot 500 places, nous n'étions qu'une cinquantaine. Je ne dirais donc pas qu'Agnès Bihl est irrécupérable sur scène. Mais sa prestation à File 7 ne m'a pas convaincu.

Après un court entracte de changement de plateau, la deuxième partie de soirée devait être occupée par MeLL. Mais avant de continuer sur le concert, petite digression pour présenter MeLL.

La personne est une jeune lorraine de 26 ans qui est tombée dans la musique un peu par hasard. Malgré son jeune âge, elle a déjà  huit ans de carrière et sorti 3 albums, dont le dernier s'appelle "C'est quand qu'on rigole". Les deux premiers "Mon pied en pleine face" et "Voiture à pédales".

C'est avec ce troisième album que je l'ai connue. Pas vraiment un choc pour autant. En fait, je crois que la première écoute ne m'a pas laissé un souvenir particulièrement agréable. La seconde m'a révélé une personne un peu fofolle, chose qu'il est somme toute difficile de faire passer dans un album. Mais le minimum était fait pour m'intéresser.

Peu après, MeLL a donné deux concerts au Zèbre de Belleville, une petite salle surprenante. Et la découverte de MeLL sur scène donne une autre dimension à l'artiste. Car, incontestablement, MeLL est une bête de scène, malgré son jeune âge, son public réduit, l'ambiance de la salle, etc. Elle sait occuper une scène, réveiller un public, et partager le plaisir qu'elle a à faire de la musique.

Un petit aperçu du concert du Zèbre :


Elle devait donner, dans la foulée un concert dans le plus petit théâtre de Paris... mais nous n'y avons pas assisté.

Revenons donc au concert de vendredi.

Ce concert était donc le deuxième de MeLL auquel nous assistions. Lors de la mise en place, elle avait l'air de mauvaise humeur et pas franchement heureuse d'être là. Il faut dire que, là encore, le vide de la salle ne doit pas être de nature à rassurer.

Mais elle a fait son show. L'intégrale de son show, qui a duré deux heures. Et elle a fait un vrai concert, certes un peu mal débuté à cause de l'ingé son retour qui avait mis des moufles.

Sur scène, elle est accompagnée d'un batteur, d'un contrebassiste, d'un sax et d'un trompettiste. Elle-même est aux guitares. Tous sont d'excellents musiciens, et il est fort à parier que tous (à part elle) ont une formation jazz.

Le style musical est assez atypique, ou plutôt original. Il peut être un cocktail subtil de ska, rock festif, punk rock, rock 'n roll, et de folk... encore qu'il manque un ingrédient laissé à la discrétion de la barmaid.

Un autre échantillon de ses prestations scéniques.


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Une artiste à découvrir... En disque mais surtout sur scène.

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Lundi 19 mai 2008
Publicité mensongère. Car non, tout ne va pas bien dans la tête de cette jeune femme.

Auteur-compositeur, blonde, belge, à peine 30 ans, Zoé a enregistré son premier album alors que sa carrière de chanteuse était déjà bien entamée.

Après un single enregistré alors qu'elle avait 8 ans, quelques années de conservatoire, elle est lauréate de la Biennale de la Chanson Française à 20 ans. Choriste de Maurane ou Lara Fabian, après un rôle en comédie musicale, cette jeune chanteuse entame, à partir de 2004, une tournée en piano-voix. Le bouche à oreille fait venir les équipes d'Europacorp, qui décident d'en faire la première signature chanson du label.

Révélation des Francofolies de La Rochelle en 2005, Zoé enregistre dans la foulée ce premier album assurant sa promotion par ses prestations dans les divers festivals (Paris Plage, francofolies de Spa, Montréal).

Dans cet album, elle décrit sa vision du monde. Elle parle de ses angoisses (j'ai mal à la terre) ou de ses vices (Jalouse, dire du mal). Elle porte un regard amusé ou caustique sur le monde des apparences (je veux tout, barbie), ou livre des chansons plus personnelles (maman, Je porte un toast)

La sortie de Tout va bien est suivie d'un spectacle "Ma cuisine intérieure" quelle a rôdé pendant trois semaines à l'Essaïon. Cette salle est une ancienne cave, ce qui donne un cadre particulier à ce spectacle.

Le deuxième album de Zoé est en préparation, sans date de sortie annoncée. D'ici là, si l'occasion vous est donnée de la voir sur une scène, n'hésitez pas !

Le clip de Tout va bien :

Sampler Live à L'essaïon

par Sly publié dans : Arts et Littérature
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Samedi 17 mai 2008
L'industrie du disque, dans son évolution actuelle, impose un certain formatage de ses artistes, ne serait-ce que pour assurer un minimum de ventes. Dans ce contexte, il devient difficile de trouver de jeunes artistes de jazz. Si certains pensent à Norah Jones, je répondrai qu'elle est l'exacte démonstration de mon propos. Ce qu'elle fait n'est pas du jazz, mais de la soupe.

Le problème, c'est que,  pour être innovant, il faut que l'artiste ait déjà acquis une certaine notoriété, notoriété qu'il ne peut acquérir qu'en n'étant pas innovant.

Heureusement, il existe des exceptions qui confiment que le jazz vocal reste une musique vivante. Celle dont je parle aujourd'hui se nomme Melody Gardot. Cette jeune chanteuse de 22 ans est américaine.

Son premier album, "Worrisome Heart", sorti en mars 2008, est en fait son deuxième enregistrement. Le premier était un EP de six titres baptisé "Some lessons : The bedroom sessions", dont l'histoire mérite d'être contée.

En effet, à la suite d'un grave accident de la circulation (cycliste renversée par une voiture), Melody Gardot est hospitalisée. Pendant sa convalescence, vu l'importance des séquelles neurologiques,  son thérapeute lui propose de tenter la musico-thérapie. Très vite, elle enregistre sur un magnétophone ses premières compositions.

Dès 16 ans, elle continue son parcours de chanteuse dans les bars et les clubs de jazz de Philadelphie.

A 22 ans, "Worrisome Heart" est donc le premier 'vrai' album de cet auteur compositeur interprète, qui est aussi co-réalisatrice de l'album. Cet enregistrement révèle un timbre vocal simple, envoûtant, en un mot "Melody-eux". Côté musique, les arrangements minimalistes accentuent le trouble par leur simplicité. La voix est ainsi (trans)portée par la guitare, la trompette, la clarinette, ou le piano.

Les 10 compositions conférent à  cet album une ambiance nostalgique (tourmentée ?), et une couleur résolument sombre. Leur écoute fait immédiatement penser à ces vieux disques qu'on écoute au milieu de la nuit, à la seule lueur d'une chaîne hifi, dans un fauteuil le verre de cognac à la main.

Si j'avais un point faible à regretter : la brièveté de l'album : A peine 30 minutes, qui, de plus, passent très vite. Mais, après tout, il vaut souvent mieux privilégier la qualité à la quantité.

Incontestablement, Melody Gardot a trouvé sa voix. Qu'elle ne la quitte pas et elle aura, à n'en pas douter un superbe répertoire.

Pour goûter avant d'acheter :

Son Myspace (nombreux extraits audios)

Son site web

Un extrait live :






par Sly publié dans : Arts et Littérature
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Mardi 13 mai 2008
Chose promise, chose due. En même temps, c'est un moyen de respecter la parité. Aujourd'hui est le tour de Vincent Baguian.

C'est à l'occasion de son troisième album, que je vais parler de lui.

S'il est l'inventeur de l'acronyme SNCF (soi-disant Nouvelle Chanson Française), Vincent Baguian se revendique comme n'appartenant pas à cette génération. De fait, il n'intègre pas le même registre que les plus connus et peut se targuer d'un parcours bien différent.

Ancien publicitaire, c'est sur les plateaux de pubs que, après des débuts houleux, il s'est lié d'amitié avec Zazie, alors choriste alimentaire.

Après un passage aux "rencontres d'Astaffort", c'est en 1997 que sort son premier album : "Pas mal", produit par Cabrel. Et l'écoute de ce premier album dévoile un vrai talent d'écriture. De "je regarde les biches qui me regardent avec dédain" à "Petite chanson courte au titre un peu long à fredonner aux emmerdeurs cultivés lorsqu'ils se mettent en position de mériter qu'on la leur chante", Baguian ne joue pas avec les mots, il les transcende. Au point qu'à chaque écoute, une nouvelle subtilité transparaît dans ces textes.

Le deuxième album "Mes chants", sorti en 2000, est celui qui me l'a fait connaître.

Les thèmes changent, pour coller au titre de l'album, mais la verve est toujours là, et les jeux de langue toujours aussi délectables de  "on n'a pas fait bon ménage à proprement parler" à "j'ai inventé la scie sauteuse" .

Et comme "on ne peut pas passer son temps à n'avoir que des bons sentiments", Baguian chante  "Je ne t'aime pas" (reprise en duo avec Zazie au Bataclan).

M
ais Baguian complète cet enregistrement avec des chansons plus personnelles pour conclure avec une minute de silence ("interprétation toute personnelle de l'oeuvre") et une chanson enregistrée dans les toilettes du studio.

Il faudra attendre 8 ans avant que ne sorte le troisième album "Ce soir, c'est moi qui fait la fille".

Toutefois, Vincent Baguian n'est pas resté inactif pendant cette période. Il est ainsi, avec Zazie, Jean Marie Leau et Eric Gasté un des auteurs compositeurs qui ont créés le spectacle Sol en Cirque au profit de Solidarité Enfants Sida.

"Ce soir, c'est moi qui fais la fille" est donc le troisième album de Vincent Baguian, sorti en 2007.

La couleur de cet album est quelque peu différente des deux précédents. Est-ce le passage chez Universal Music Group qui explique cette évolution ?

Même si la couleur est différente, l'artiste est toujours le même. Peut être un peu formaté (la preuve : un duo avec Elodie Frégié), mais les caractéristiques essentielles sont là.

Chansons d'amour ("Ce soir, c'est moi qui fais la fille" ou "c'est pas gagné d'avance"),  à verve ("police secours" ou "je gagne ma vie avec les morts"), ironiques ("On t'aime Vincent Baguian"), engagées ("ouh ouh je hue") ou plus personnelles ("Je suis la tombe"). Les ingrédients des albums précédents sont toujours là, et le talent de Vincent Baguian pour l'écriture n'est pas démenti.

Pour le découvrir :

son site web

son myspace

La présentation de son album :

par Sly publié dans : Arts et Littérature
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